mercredi 3 juin 2009

Ultime tabou

Une tour à la Défense, rentrée 2007. Je présente des projets de com interne à un très grand groupe industriel. Accompagné de mon patron, nous commençons à exposer notre recommandation à notre auditoire, exclusivement féminin. Trois des filles ont la trentaine. Elles travaillent aux RH.
Nous ne connaissons pas nos interlocutrices et, à vrai dire, nous nous demandons comment un si grand groupe a pu consulter une si petite agence comme la notre.

La présentation suit son cours, mon patron intervient peu mais avec classe et sobriété, comme à son habitude, et je m'approche de mon auditoire pour mieux leur "vendre le produit".
Je remarque alors que la grande brune que j'ai dévisagée lorsqu'elle est rentrée dans la pièce porte un parfum qui ne m'est pas inconnu : Envy de Gucci.
Quelques minutes plus tard, nous terminons notre présentation pitch et revenons à l'agence assez confiants. Passe le week-end et le lundi matin, je reçois un coup de fil de la grande brune en question. "Vous avez gagné le projet mais il faut retravailler les pistes graphiques.". Je reprends aussitôt rendez-vous avec elle afin d'affiner le brief.

Le jour J, Élisabeth vient me chercher à l'accueil. Arrivés à son bureau, nous attaquons notre réunion. Au bout d'une heure et demi de brief, je lui demande d'où vient son nom de famille.
"Je suis bretonne, de Rennes. Oh, moi aussi j'ai vécu à Rennes ; j'y ai fait mes études de commerce, de 93 à 96. Oh ben tiens, on aurait pu se croiser, j'étais à la fac de droit à cette époque. Une question indiscrète, si vous le permettez : le parfum que vous portez, c'est Envy, n'est-ce pas ? Bingo, vous avez deviné."
Élisabeth est en face de moi, assise à son bureau. Durant cette heure et demi, j'ai remarqué qu'elle a changé d'attitude. Un je-ne-sais-quoi assez difficilement définissable, mais je sens un changement. Je rentre à l'agence.

Je la rappelle pour un complément d'information. Ces infos prises, je lui avoue avoir été troublé par son attitude. Au bout du fil, je la sens confuse et rouge comme une pivoine, si bien que je lui propose de m'appeler sur mon mobile le soir venu, afin d'en discuter plus amplement.
Ce qu'elle fait. Nous discutons et passons au tu, en souvenir de nos études rennaises communes. Elle m'avoue qu'elle a du mal à cacher ses envies lorsque quelqu'un lui plait. Confidences pour confidences, je lui avoue que je le trouve très sexuelle. « Tu n'es pas le premier à me le dire. » Avant de raccrocher, nous décidons d'aller boire un verre le lendemain.

Premier kir dans un bar près des Champs-Elysées. Puis un deuxième, un troisième, un quatrième... Inévitablement, je sens ma cervelle se ramollir, à l'inverse du reste.
Dîner ensuite dans un resto à deux pas de chez moi. La bretonne, qui ne boit pas de rouge, abuse du Colombel. Direction la maison, avec une autre bouteille de blanc, que nous buvons tranquillement dans mon salon. Enfin, presque tranquillement, puisque je commence à être sacrément énervé.
« Je vais me coucher, tu viens ? Tu préfères pas faire une nuit blanche ? Pourquoi pas, mais pas comme tu l'imagines. » Malgré quelques réticences, elle vient se coucher. Nous nous déshabillons. « Ah...heu...tu dors nu ? Ben oui, comme d'hab. Parce que tu as l'air bien en forme pour quelqu'un qui va se coucher... La faute à qui ? ».

Élisabeth garde son T-shirt, sa culotte et se blottit contre moi. Sa peau est douce. Mes mains se baladent sur ses fesses. Ses seins sont charmants, ses jambes longues. Énervé depuis trop longtemps, je retire ses vêtements. Elle se débat quelque peu, pour la forme, mais semble très heureuse du dénouement. Et la bête se déchaîne enfin. Elle devient celle que j'avais entrevue en rendez-vous professionnel. « J'aime pas trop quand c'est soft. ».
Elle disait vrai. Elle a pris cher ce soir-là. Très cher. Elle a aimé. Moi aussi ; j'ai pu assouvir intensément mes passions en « age » comme le capillotractage, le culbutoclaquage... Nous n'avons échangé que très peu de mots durant cette nuit, mais au petit matin après quelques heures de lutte, elle m'a dit que je lui en avais mis partout. Pas très châtié, mais tellement vrai...

Aujourd'hui nous ne travaillons plus ensemble. Dommage ;-) J'ai juré de ne plus jamais fauter avec une cliente. C'est plus prudent.

5 commentaires:

  1. Règles n°1 : No Zob in Job

    Règle n°2 : Les règles sont faites pour être contournées

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  2. Merci Zorg. J'ai bien ri en lisant ton message ! Une chose est certaine : j'aurais du suivre ta règle N°1, ça m'aurait évité de perdre un gros client... J'en aurais bien eu besoin en ces temps de crise...

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  3. Aujourd'hui, première transgression après 20ans de bons et loyaux services...

    Nos regret !

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  4. Finalement, trangresser cet ultime tabou ne doit pas être si grave, puisque je retravaille avec cette cliente depuis hier... Donc tu as raison Zorg, no regrets !

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